Me contacter

Inédit : un extrait de "sur la route du Zen"

Chaque mois, découvrez un chapitre inédit de mon nouveau recueil d'aphorismes intitulé "sur la route du Zen". Ce mois-ci le chapitre 5 : la double vie (1ère partie).


Pour comprendre la matière, il est nécessaire de comprendre l'antimatière.

*

S'il y a du noir et du blanc dans toute chose, toute chose est donc ambivalente.

*

Dire que tout est ambivalent, cela ne veut pas dire que tout soit compliqué. Tout est subtilement complexe et, une fois que l'on a les clés pour comprendre, tout devient plus simple.

*

Derrière les choses, il y a d'autres choses, et ce sont les choses derrière les choses qui expliquent les choses.

*

Mon pouvoir est à l'aune de celui de mon maître.

*

Le moyen le plus sûr d'avoir du pouvoir, c'est de ne pas l'utiliser.

*

C'est en abandonnant son pouvoir que l'on trouve une vraie liberté, laquelle est le pouvoir suprême.

*

Qui sait qui il est et ce qu'il vaut, n'a pas besoin d'en rajouter.

Fuir, c'est être dans son féminin dominant, c'est dominer l'autre en lui échappant.

*

La liberté de celui ou celle qui n'attend rien, est immense.

*

Parfois, une existence simple est aussi une existence pleine d'audace, car toute audace réelle vient de l'intérieur.

*

Les plantes, fixes au départ, finissent par s'assouplir davantage. Les animaux (et les humains), par nature mobiles, finissent par se rigidifier complètement.

*

Le sens de la vie des plantes, c'est moins d'hyper activité et plus de souplesse. Deux voies d'accès à l'hédonisme et au Zen pour les Hommes ?

*

Dans notre double vie, les caractéristiques suivantes composent chacune des deux entités : l'une est ancienne, elle vient du fond des âges, elle est l'expression de la mémoire généalogique des solutions de survie qui s'expriment à travers nous, alors que l'autre est récente, elle est le fruit de notre expérience personnelle ; l'une est populaire, concrète, instinctive, animale, inconsciente, alors que l'autre est savante, abstraite, intellectuelle, consciente.

*

La vie d'un être humain peut se résumer en une guerre fratricide entre son moi intérieur, ce qu'il est vraiment au centre de son être et qu'il ne connaît pas, et son ego conscient qui le pousse tout le temps à rechercher des valorisations et des gratifications. La sagesse est un long chemin pour réconcilier l'ego avec le moi.

*

La maladie et la guérison sont intimement liées, chacune étant la face cachée de l'autre. Elles sont deux aspects complémentaires et indissociables de la vie.

*

Être malade, c'est vraiment vivre une autre vie, même au sens biologique du mot.

*

Le malade chronique s'habitue à sa maladie. Elle fait partie intégrante de sa vie. Que ferait-il sans elle ? D'où la forte résistance au changement que constitue la guérison.

*

Si vous voulez qu'on s'intéresse à vous, soyez malheureux ou malade. Les bienheureux n'intéressent personne.

*

Si vous voulez avoir une chance d'accéder à la réussite, il vous faudra apprendre à supporter la solitude des stars.

*

La majorité, qui vit dans la norme, ressent de la haine pour tous ceux qui sont dans la marge. Ce sentiment prend sa source dans la peur, la grande peur des gens qui les empêche de vivre pleinement leur vie en assumant leur individualité et particulièrement le côté obscur de celle-ci. Ils ne pardonnent pas aux marginaux – les vrais élus du monde – de se permettre le luxe de ne pas avoir si peur.

*

L'art apporte à l'artiste une récompense qui est la seule qui soit essentielle et hors d'atteinte des prédateurs de la censure sociale. Mais le paradoxe de la plupart des artistes est qu'ils ne se contentent pas de cela, ils veulent en plus la reconnaissance des autres et la sécurité matérielle, ce qui fait qu'ils perdent le bénéfice de cette liberté et retombent dans l'aliénation. Pratiquez l'art libre, vous ne serez jamais déçus.

*

Chaque seconde du temps qui passe est l'occasion d'être un artiste qui invente une nouvelle façon de vivre. Vous n'êtes pas obligés d'avoir la même vie que vos voisins, et pourtant…