Me contacter

Inédit : un extrait de "sur la route du Zen"

Chaque mois, découvrez un chapitre inédit de mon nouveau recueil d'aphorismes intitulé "sur la route du Zen". Ce mois-ci le chapitre 5 : la double vie (3ème partie).


Ce qui motive à partir, c'est aussi la perspective du retour.

*

Moins on comprend, plus cela passe par le cerveau inconscient. Plus on prend conscience, moins cela se programme automatiquement.

*

Toute notre vie n'est qu'une suite de créations qui nous permettent de penser à autre chose et de mettre fin à l'impossible choix entre penser (individuellement) et appartenir (socialement).

*

L'unité est dans l'émotion. C'est en passant par l'intellectualisation qu'on dissocie les choses.

*

La réalité de notre identité n'est pas rationnelle, elle arrive du fond de nous. La première impression est la vraie.

*

Vivre, c'est souvent désirer une chose interdite.

*

En nous-même, nous nourrissons notre propre juge et notre propre bourreau. Chacun de nos actes, chacune de nos décisions, chaque pensée, chaque désir sont critiqués par nous-même, à la lumière de nos propres tabous, lesquels sont pour la plupart inconscients.

*

La pensée ne cesse de faire le lien entre le moi et les références du moi.

*

Tout ce que nous faisons est finalement jugé par la société en termes de réussite ou d'échec suivant les critères les plus farfelus, ce qui pèse lourdement sur nos épaules sensibles à la dévalorisation.

*

Il y a du père et de la mère dans tout ce qu'on fait, dans tout ce qu'on est.

*

Si ma mère veut que je sois Johan et mon père veut que je sois Pirlouit, qu'est-ce que je deviens ? Johan et Pirlouit.

*

Le sens de notre vie est de réaliser le « mix » de deux projets d'enfant, positifs ou négatifs, dont l'un est masculin et l'autre féminin, d'être au carrefour de deux désirs d'enfant qui peuvent être fort différents.

*

Personne ne sait qui il est. Nous sommes trop complexes pour pouvoir être appréhendés. Alors nous avons tendance à construire une vision réductrice, une identité au travers de certaines qualités visibles et valorisantes. L'ego nous pousse à endosser des rôles, à nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Débarrassez-vous de temps en temps de votre image et revenez à la sensation d'être une personne nouvelle. Lorsque vous vous dépouillerez de toutes vos fausses identités, alors vous n'aurez plus peur ni honte.

*

Qu'est-ce qui est définitif dans la vie ? Seulement deux choses : donner la vie et mourir.

*

Seul un enfant sur quatre est vraiment désiré au moment où il est conçu. Les autres « laissent à désirer » (sont incomplets, inachevés, imparfaits). On ne leur a pas souhaité que du bien.

*

Quand nous devenons parents, c'est fini de vivre seulement pour nous, nous allons devoir vivre aussi pour notre enfant. Plus rien ne sera comme avant. Dans tout ce que nous allons faire, il y aura notre progéniture en toile de fond. D'un autre côté, nous n'allons pas renier notre envie d'épanouissement personnel. Nous serons donc sans cesse tiraillés entre ces deux pôles de notre vie : notre ego et notre paternité/maternité.

*

Les doubles rapports sont sources de conflits. Il est bien plus simple et plus sain de n'avoir qu'un seul type de rapport avec chaque personne de son entourage.

*

Notre cerveau inconscient est un outil exceptionnel qui nous permet de réaliser nos projets, à condition que ceux-ci soient clairs et précis. Si l'objectif est double, alors le cerveau inconscient ne peut atteindre les deux en même temps, il fait la moyenne, la synthèse, donc il va dans une troisième direction située entre les deux autres.

*

La double contrainte ou le choix impossible, et par conséquent le lien impossible. Double lien = pas de vrai lien.

*

Quand on doit vivre pour deux, mieux vaut vivre longtemps.

*

La circulation verticale et horizontale des mémoires généalogiques entraîne inexorablement l'humanité vers la complexité : de l'âge de la pierre à celui des voyages spatiaux, de la loi du talion aux décisions jurisprudentielles de plusieurs dizaines de pages, de la chasse aux métiers intellectuels qui nécessitent vingt ans d'études…

*

Quand on a solutionné sa double vie, on est à même de prendre sa place dans une véritable identité, une subjectivité unique, de créer un style propre, de tracer son sillon dans la terre.

*

Plus on avance, plus on ne fait que commencer.